TROUBLES DANS LES CIRCUITS ALIMENTAIRES MONDIAUX
Un respect minimal des faits et de la vérité implique de dire que l’être humain a peu d’influence sur le climat global. Ce qui est en train de survenir aujourd’hui, de surcroît, indiquent les informations disponibles, est une tendance non pas au réchauffement, mais au refroidissement. Entre la hausse des coûts des produits alimentaires suscitée par des lubies environnementalistes et le changement climatique réel qui se profile, très différent du changement climatique fantasmé, nous allons entendre parler de famines bien plus souvent.
Ce que nous voyons aujourd’hui, ce sont a) de mauvaises récoltes en raison d’intempéries, b) une hausse générale du prix des denrées alimentaires de base en raison du fait que les produits de diverses récoltes, ainsi le maïs, ont été détournés de leur finalité initiale pour servir à faire de l’éthanol. Tentant de profiter de l’effet d’aubaine et de la hausse soudaine des prix suscitée par les biocarburants, des agriculteurs ont renoncé à la production d’autres denrées, et ont provoqué des ruptures d’approvisionnement.
Otez de l’équation les biocarburants, et vous faites disparaître une bonne part des déséquilibres que vous constatez aujourd’hui.
Rien cela dit ne peut être fait contre les effets du changement climatique et contre les désastres et difficultés qui en résultent : surabondance de neige et de glace, ou inondations. Alors que le refroidissement avance, les opérations de propagande en faveur de la lutte contre le réchauffement se multiplient et gaspillent de l’argent.
La Californie a connu cinq jours de gel en janvier 2007, qui ont entraîné la destruction de 1,42 milliards de dollars de produits agricoles. En avril de la même année, le gel a détruit 95% de la récolte de pêches en Caroline du Sud et 90% de la récolte de pommes en Caroline du Nord. Et ce ne sont là que quelques exemples.
En mars de cette année, le site www.longrangeweather.com a publié un article du climatologue Cliff Harris intitulé « Are We Entering a Period of Sudden ‘Global Cooling'? » (Entrons-nous dans une phase de refroissement global brusque ?). Harris y notait « La couverture neigeuse sur l’hémisphère Nord à la fin du mois de février 2008 est la plus importante à avoir été observée depuis l’année 1966 ».
« Selon mes collègues climatologues au Japon, au Royaume-Uni et aux Etats-Unis, les deux derniers hivers ont été les plus froids depuis les années 1970. Pour certaines régions, ont été battus des records de froid qui dataient des années 1930, voire des années 1880. En Chine du Sud-Est, l’hiver 2007-2008 a été, semble-t-il, le plus froid depuis huit cent ans ». Dans cette région, le froid a détruit, alors, environ 40% de la récolte de colza.
Le 24 mars, une dépêche de l’Associated Press disait que les récoltes désastreuses en Asie étaient dues à un « dérèglement climatique». Il ne s’agit pas de « dérèglement », mais bel et bien de refroidissement.
Peter Brabeck-Letmache, président de Nestlé, la plus grande entreprise alimentaire du monde, a déclaré voici peu : « Si, comme c’est envisagé, on en vient à consacrer 20% des récoltes alimentaires aux biocarburants, il n’y aura plus rien à manger pour des centaines de millions de gens ».
Ce qui rend le recours aux biocarburants particulièrement obscène est le fait qu’il y a très largement assez de pétrole brut pour satisfaire les besoins en énergie de la planète entière. Les décisions d’utiliser des carburants alternatifs tels que l’éthanol ou le biodiesel exacerbent, en outre, la pénurie de nourriture car les coûts en carburant des semailles, moissons et transport des récoltes s’en trouve globalement accru.
Le climat, pour autant, joue un rôle. Comme une revue agricole l’a noté récemment, «les changements climatiques extrêmes survenues au cours des deux dernières années ont fait diminuer les récoltes de blé à l’échelle de la planète d’environ dix pour cent ». Selon les analystes, les récoltes de blé de ces deux dernières années sont les plus basses depuis au moins 1973.
Le blé n’est pas seul concerné. Le 20 mars, un éditorial du New York Times notait que « la hausse des prix et une peur croissante de la pénurie ont poussé quelques uns des plus importants producteurs de riz ou de soja à annoncer des réductions drastiques de leurs exportations ». Le prix du soja a, depuis lors, fortement augmenté. Le prix du riz, lui, a doublé.
Contribuent à l’aggravation de la situation et à l’augmentation des prix, les mesures prises par les gouvernements eux-mêmes aux fins de limiter les exportations de leurs récoltes. Cela conduit à de nouvelles pénuries dès lors que les agriculteurs touchés par les mesures gouvernementales choisissent de cultiver d’autres plantes.
Le résultat global est tout un ensemble de perturbations dans le circuit alimentaire dans des contrées qui vont de l’Egypte à l’Indonésie, du Mexique au Pakistan, de Haïti au Maroc, à l’Ouzbekistan ou au Yemen. Aux Etats-Unis, des boulangers ont organisé récemment une manifestation à Washington pour attirer l’attention sur l’augmentation du prix du blé.
Une combinaison de décrets arbitraires imposés par les gouvernements concernant l’environnement, et de destructions de récoltes découlant du refroidissement pourrait déboucher sur des pénuries ultérieures plus graves encore. J’ai le sentiment très net que nous allons assister à d’autres émeutes de la faim sur la planète.
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Alan Caruba est le responsable du National Anxiety Center, www.anxietycenter.com. Il tient un blog à l’adresse suivante : www.factsnotfantasy.blogspot.com .
Ecrit par ALAN CARUBA
Le : 19/04/2008
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