
Or,
voici que celle-ci est désormais disponible en ligne, sous le titre
Logement : crise publique, remèdes privés. Osons la liberté ! Elle
fait un apport crucial au débat, en mettant l'accent, que personne
n'a relevé au cours des débats récents, sur le rôle des entraves
réglementaires dans la création d'une rareté artificielle de
logements, en particulier en stérilisant l'espace constructible.
Il
s'ensuit naturellement que la solution à la crise ne se trouve pas dans
une politique du logement plus active, puisque cette crise, c'est
justement l'intervention de l'état qui la crée et l'entretient en
permanence : c'est particulièrement le cas du logement dit "social"
qui, en faisant payer des loyers inférieurs à ceux du marché,
entretient en permanence un excès de demandes sur les offres que l'on
perçoit naturellement comme une pénurie. Il faut au contraire mettre
fin à cette politique d'entretien des pénuries, comme il faut faire
cesser celles qui imposent les raretés artificielles.
F. G.
Le livre de Vincent Bénard sur le logement est disponible ici :
"Le logement, crise publique, remèdes privés"
A. Les causes de la crise du logement en France
1·
Il y a actuellement en France une pénurie de 1,5 millions
d'habitations, qui a entraîné une augmentation des coûts du logement
supérieure de 70% à celle des revenus sur ces 10 dernières années.
Cette explosion des prix immobiliers pénalise lourdement les familles
modestes et les classes moyennes.
2· Cet état de pénurie a été
quasi permanent depuis 1914, à des degrés divers. depuis cette époque,
toutes les interventions imaginées par l'état et les collectivités pour
résoudre ces pénuries les ont en fait aggravées.
3. logement
social, outil majeur de l'intervention de l'état dans le domaine du
logement, aggrave la ségrégation entre catégories sociales, tout en
permettant à des personnes qui pourraient se loger sans aide de jouir
dans la durée de rentes de situation entretenues par les épargnants et
les contribuables. Il constitue en cela un incroyable gaspillage de
ressources.
4· Le secteur du logement social, en France,
immobilise au moins 500 milliards d'euros qui pourraient être employés
de façon plus productive. Le logement social est le « capital mort » de
la société Française.
5· Les interventions de l'état sur le
secteur privé n'ont guère été mieux inspirées. Le contrôle des loyers,
ainsi que la sur-protection dont jouit le locataire au détriment du
propriétaire, éloignent de nombreux épargnants de l'investissement
locatif.
6· Les subventions fiscales au secteur privé, par des
dispositifs tels que l'investissement « Robien », renforcent le
gaspillage de ressources. L'état serait mieux inspiré de moins taxer le
logement, sans essayer de « l'aider ».
7· Si le logement est
devenu aussi cher, c'est essentiellement à cause des réglementations de
zonage mises en place dans les années 60 et aggravées depuis, qui
entravent la constructibilité du sol. Ces réglementations empêchent
l'offre de logement de s'adapter à la demande croissante résultant de
taux d'intérêt historiquement bas. Les rares marchés mondiaux qui
connaissent ce même pic de la demande, sans posséder ce type de
réglementation du sol, ne connaissent pas de bulle immobilière.
8·
Les avantages supposés de ces réglementations se révèlent à l'usage
discutables, leurs bénéfices sont largement inférieurs à leur coût
social. Les grandes agglomérations qui ont choisi de ne pas se doter de
telles réglementations ne sont en rien des repoussoirs en terme
d'urbanisme, et obtiennent des résultats économiques et sociaux plutôt
meilleurs que les autres.
B. Nos propositions pour sortir de cette crise
1·
Pour vaincre la pénurie et les conséquences sociales désastreuses de la
hausse actuelle des prix, nous devons changer de modèle conceptuel en
matière de politique du logement.
2· Tout d'abord, une grande
loi de libération de la terre est nécessaire, replaçant le propriétaire
en position de principal décideur de l'affectation de son terrain. Tout
terrain doit être présumé constructible. Toute servitude née d'une
nécessité publique, imposée à une propriété, doit faire l'objet d'une
compensation. Une telle libération du sol provoquerait rapidement une
baisse de prix des biens immobiliers d'au moins un tiers par rapport à
leur valeur actuelle.
3·
Afin d'en finir avec la ségrégation par le quartier et de réinjecter
dans l'économie des actifs actuellement peu productifs, il convient de
privatiser le parc de logements HLM en transférant la dette des OPHLM
sur les locataires actuels, afin que ceux ci puissent entrer en pleine
propriété de leur logement pour un coût inférieur ou égal à leur loyer.
4·
A toutes les aides actuelles, qu'elles soient destinées au secteur
privé ou au secteur social, il est préférable de substituer un
chèque-logement unique, dégressif pour éviter tout effet de seuil,
calculé en fonction des revenus privés de chaque foyer, et du nombre de
personnes qui le composent. Les ménages allocataires seraient libres
d'utiliser cette aide pour financer un loyer ou un crédit sur le marché
unique privé.
5·
Afin d'inciter les épargnants à investir dans le logement locatif,
ceux-ci doivent retrouver une liberté contractuelle pour fixer les
loyers et plus de souplesse pour rompre un bail, que l'on soit
locataire ou bailleur. Dans un contexte d'abondance foncière, les
propriétaires ne pourront pas se permettre d'augmenter abusivement
leurs prix, l'offre nombreuse constituant la meilleure protection du
locataire contre un excès d'appétit des bailleurs.
6· Afin de
permettre aux entreprises du bâtiment de répondre à la demande, il faut
ouvrir largement les portes de l'immigration aux professionnels issus
des nouveaux pays entrants dans la communauté européenne.
7·
Dans un marché immobilier fonctionnant selon de tels principes,
l'ancien jouerait envers les classes défavorisées le rôle que joue
l'occasion sur le marché automobile: un moyen pour les plus modestes
d'accéder aux innovations réservées aux plus fortunés quelques années
auparavant.
8· Il y a urgence à modifier radicalement nos
politiques du logement, sans quoi l'augmentation du nombre de foyers
inévitable d'ici à 2015 condamnera un nombre croissant de ménages à
l'exclusion et à des conditions de logement indignes d'une société
moderne et civilisée.

Ecrit par Vincent Bénard
Le : 15/03/2007
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