Institut Turgot au service de la liberté
Les défis du présent et de l'avenir proche

Les défis du présent et de l'avenir proche

par Guy Millière 

La campagne électorale en cours suffirait à montrer à elle seule pourquoi il est crucial que le travail des idées soit mené à bien. Tous les candidats au poste de Président de la République, à l’exception d’un seul, ont fait du libéralisme l’épouvantail absolu, le symbole de ce qui menace le pays  et risque de détruire le monde. Même s'ils sont désormais relativement marginaux, trois candidats au moins sont porteurs d’un discours marxiste qu’il serait désormais impossible de tenir ailleurs en Europe ou, plus largement, dans le monde développé.
Un discours de repli sur soi nationaliste, protectionniste, xénophobe et frôlant l’antisémitisme attire encore une proportion importante des électeurs.

On présente le plus souvent les Etats-Unis, qui passent comme principale force du capitalisme et du libéralisme sur la terre,  comme un anti-modèle  et l’incarnation de ce qu’il ne faut pas faire.

Un seul candidat présente la mondialisation comme une donnée et comme un fait et, là encore, lorsque ce candidat aborde le sujet,  c’est pour faire aussitôt des propositions dirigistes censées permettre de contrer les conséquences, réputées délétères, d’un libre marché déréglementé. Les programmes des trois principaux candidats incarnent l’étatisme, le socialisme, l’interventionnisme, à des doses diverses. Et une fois de plus, il n'y a qu'un seul candidat qui ait inscrit à son programme une perspective de baisse des prélèvements obligatoires  et de diminution du nombre des fonctionnaires.  

Les librairies regorgent de livres
présentés comme des livres d’économie,
mais que nul, hors de France, ne prendrait au sérieux


Cette situation politique préoccupante va de pair avec un vide relatif dans le domaine intellectuel. L’ALEPS a élaboré, en collaboration avec divers partenaires, dont l’Institut Turgot, une brochure qui rappelle ce que devraient être des propositions libérales élémentaires susceptibles de permettre à la France de ne pas accentuer son glissement vers l’inadaptation au monde tel qu’il devient. Malheureusement cette brochure n’a pas bénéficié de la couverture médiatique qu’elle aurait, par son originalité et son audace, mérité.  

L'iFRAP continue son travail au service de la liberté.

Seuls Jacques Marseille et Nicolas Baverez continuent à être invités dans les grands médias lors qu'ils décrivent correctement la situation du pays.
Les librairies regorgent de livres présentés comme des livres d’économie, mais que nul, hors de France, ne prendrait au sérieux, tels que ceux de Bernard Maris ou de Jacques Généreux.
Trois livres seulement au cours des derniers mois ont abordé l’évolution économique planétaire : l’un, Une brève histoire de l’avenir de Jacques Attali, procède à une esquisse relativement pertinente d’une planète où internet, la microinformatique et la dématérialisation  viennent tout bouleverser, mais c’est pour énoncer ensuite que la poursuite de l’avancée vers le marché planétaire ne pourra mener qu’à des conflits apocalyptiques qu’il ne sera possible d’éviter qu’en envisageant une gouvernance mondiale.

bien que Friedman appartienne à la gauche américaine,
le livre a été traité par ceux, trop rares, qui en ont parlé
comme un brûlot extrémiste


Un autre, Trois leçons sur la société post-industrielle de Daniel Cohen, tout en prétendant évoquer une France et une Europe d’après l’ère industrielle, ne s’émancipe pas des conceptions hiérarchiques et dirigistes de l’ère industrielle.
Seul le troisième, Le monde est plat de Thomas Friedman évoque les changements de paramètres et de paradigmes qui sont en cours. Et bien que Friedman appartienne à la gauche américaine, le livre a été traité par ceux, trop rares, qui en ont parlé comme un brûlot extrémiste, sans jamais placer au centre de la réflexion,  ni même prendre réellement en compte les thèses qui y sont exposées.  

Le vide intellectuel relatif dans lequel nous sommes est, en fait, l’humus sur lequel a pu croître la situation politique dans laquelle nous sommes.  La situation politique dans laquelle nous sommes  va de pair avec une situation économique d’autant plus noire que les maux qui la caractérisent ne sont qu’incomplètement diagnostiqués et ne se voient proposer que des remèdes eux-mêmes très incomplets.  

Au cours des mois et des années à venir, l’Institut Turgot se donnera pour tâche de fournir un diagnostic aussi complet que possible  sur les questions essentielles. C’est uniquement en voyant pleinement la situation dans laquelle on est qu’on peut prendre des décisions pertinentes et efficaces.

En complément de ce diagnostic, l’Institut Turgot proposera aussi des remèdes, en tenant compte non pas de ce qui serait « acceptable » par l’air du temps, mais de ce qui serait nécessaire pour que les maux diagnostiqués refluent. Nous savons que la compréhension des maux entraîne la compréhension des remèdes requis, et nous savons que lorsque la compréhension des maux et des remèdes est là, l’air du temps change profondément.

Dans le domaine du diagnostic,  nous avons déjà montré que le système de santé français est au bord du désastre, dans un état de sclérose qui ne peut que s’aggraver et faire que la population française sera dans un futur proche, et si rien ne change profondément, de plus en plus mal soignée, et pour des coûts qui ne cesseront de croître.

Dans le domaine des remèdes requis, nous avons montré que le retour à la liberté de choix de son assureur, le retour au principe même de l’assurance et de la responsabilité des malades, et un système de comptes d’épargne-santé constituent des pistes incontournables. Nous savons que tôt ou tard ces pistes devront être empruntées, et nous le disons.

Nous allons poursuivre notre réflexion dans le domaine de la santé, entre autres en pointant du doigt la lente destruction de la médecine libérale, la destruction plus rapide de la recherche fondamentale et de la recherche pharmaceutique en France, les retards et détériorations impliqués par des régulations malthusiennes et excessives.  
 
Dans le domaine du diagnostic encore, nous avons montré que le secteur du logement est lui-même en France dans une situation de paralysie réglementariste qui crée des pénuries artificielles, une hausse tout aussi artificielle des prix, des phénomènes de ségrégation sociale porteurs de désordre et de violence potentielle.

Dans le domaine des remèdes, nous avons montré pourquoi et comment la déréglementation, la privatisation, la responsabilisation par l’accès aux droits de propriété permettraient de sortir des dysfonctionnements actuels et de leurs conséquences. Nous savons là aussi que tôt ou tard, ces réponses devront être utilisées, comme elles l’ont été en mille points du monde. 

Nous allons poursuivre notre réflexion dans le domaine du logement et de la déréglementation aussi complète que possible du secteur.

Nous allons montrer pourquoi
la France n’est pas un état de Droit au sens plein du terme
et pourquoi elle n’est toujours pas un pays
qui respecte la présomption d’innocence


Nous allons démontrer dans de prochaines études que les lois françaises et européennes sur les monopoles ou les « abus de position dominante »  sont dangereuses pour la liberté d’entreprendre, mais aussi pour l’accès le plus large à l’innovation et pour la libération des processus divers de création.  Nous nous pencherons, au titre d’exemple, sur la situation de Microsoft, injustement incriminée et harcelée, et dont l’incrimination et le harcèlement ne favorisent pas la concurrence et le dynamisme économique général, mais renforcent au contraire scléroses et rentes de situation. 

Nous allons montrer pourquoi la France n’est pas un état de Droit au sens plein du terme et pourquoi elle n’est toujours pas un pays qui respecte la présomption d’innocence, et nous montrerons ce que sont les conséquences, et comment pourrait s’opérer une effective réforme du gouvernement et de la justice.

Nous allons réfuter précisément et rigoureusement le discours prédominant sur les « causes humaines du réchauffement global », montrer que les propositions de « réponses » énoncées aujourd’hui par l’Union Européenne ou les Nations Unies ne sont que le prolongement sous un autre visage d’anciens discours anticapitalistes et ne peuvent conduire qu’à des destructions économiques et humaines sans le moindre avantage pour l’environnement.


Les conférences que nous organiserons et les travaux que nous publierons au cours des prochains mois porteront sur la question des retraites, les droits de propriété intellectuelle, les brevets et la recherche pharmaceutique, l’économie de l’environnement, la brevetabilité du vivant, les nouvelles formes du totalitarisme, la finance à l’heure de la monnaie dématérialisée, la recomposition planétaire à l’heure où la Chine et l’Inde s’éveillent, le futur de l’Union Européenne, les défis démographiques, les liens Europe-Etats-Unis, la bataille pour le cœur de l’islam, la notion de capital intellectuel.

Le travail des idées
est plus que jamais nécessaire
et plus que jamais urgent.


Tous nos travaux, toutes nos conférences, toutes nos études seront disponibles à partir du mois de mai sur un nouveau site de l’Institut, complètement revu, et à la hauteur des enjeux  du siècle qui commence.


Le travail des idées est plus que jamais nécessaire et plus que jamais urgent.  Chaque jour, des inventions se font qui transforment la vie des hommes sur la planète, chaque jour les flux d’information s’accroissent et s’accélèrent, chaque jour de nouvelles entreprises se créent sur l’horizon du monde et les entreprises existantes doivent, pour survivre et prospérer se donner les moyens de l’audace et de l’innovation.

Comprendre et expliquer sont le fondement de tout. Proposer vient ensuite.

La France et l’Europe ont besoin de lucidité, d’audace et de courage pour vivre pleinement dans le siècle qui commence et pour se donner les moyens de relever les multiples défis qui sont devant elle.

Pour le moment, le débat politique n’est pas à la hauteur de la lucidité, de l’audace et du courage requis. Le débat intellectuel est porteur de très profondes lacunes. 

C’est plus que jamais le moment pour ceux qui ne se résignent pas à un déclin que certains pensent inéluctables de se montrer opiniâtres.

L’Institut Turgot est prêt, et veut donner à comprendre et à expliquer. Il veut donner à proposer. 

Il veut se placer à la hauteur des défis du présent et du futur proche.

Il a besoin pour cela de toutes les forces intellectuelles disponibles. La situation actuelle implique de la détermination et des synergies. L’émiettement ne peut conduire qu’à une déperdition des efforts. Nous sommes ouvert, sans exclusives, à tous ceux qui se reconnaissent dans les valeurs de la liberté individuelle, de la liberté de parole, de la liberté d’entreprendre, d’échanger et de créer.

L’Institut Turgot a besoin aussi des créateurs et des entrepreneurs. Et il leur dit qu’il n’y a de futur pour eux en France et en Europe que si les cécités et les scléroses qui abondent encore très largement autour de nous sont surmontées.




Ecrit par Guy Millière
Le : 09/04/2007

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