Le métier de l'économiste est de percer à jour les lois cachées de la causalité sociale, d'y voir ce que les autres ne voient pas. Cela ne le fait pas bien voir des puissants, car cela l'amène à montrer les nuisances de leurs politiques, y compris pour ceux qui croient en profiter. Frédéric Bastiat a été, dans ses écrits, l'un de ceux qui ont le plus insisté là-dessus, notamment en attirant l'attention sur la redistribution qu'entraînent ces politiques, et sur les victimes qui supportent ses charges.
L'étude des effets non directement visibles de l'intervention étatique a fait des progrès depuis, notamment grâce au raisonnement sur l'équilibre qui montre qu'en tendance, ces politiques sont pure destruction, et que c'est seulement par hasard qu'elles profitent à quelques-uns.
Les raisonnements qui démontrent l'inanité de ces politiques n'en sont pas moins à la portée du profane, et partent tous de cette idée essentielle que les politiques et les institutions ont bien d'autres effets que ceux que leur prêtent leurs promoteurs.
Cette idée est l'objet de la leçon unique à laquelle Henry Hazlitt se réfère dans L'Économie politique en une leçon, son ouvrage de 1946 publié en français en 1949 et aujourd'hui réédité par l'Institut Charles Coquelin. Cette traduction ne rend pas totalement justice à la pensée précise de l'auteur, et j'ai dû la corriger ici sur bien des points : on peut donc recommander de lire l'original en anglais à ceux qui le pourraient. La préface à l'édition française donne aussi l'occasion de se rappeler que son auteur, Charles Rist, se croyait meilleur économiste que Frédéric Bastiat.
Cependant, ce texte est la meilleure initiation possible à l'économie politique, parce qu'il part de sa raison d'être et en développe les conséquences avec rigueur ; il fait aussi gagner un temps énorme aux apprentis économistes en mettant d'emblée le doigt sur les erreurs que l'on cherche à leur faire avaler : en effet, assimiler le contenu de ce livre, c'est savoir démasquer neuf sur dix des rationalisations intéressées de la redistribution politique.
F. G.

New York, 25 mars 1946
Ce livre est l'analyse d'illusions économiques aujourd'hui si influentes qu'elles sont presque devenues une nouvelle orthodoxie. Si elles n'y ont pas entièrement réussi, c'est à cause de leurs contradictions internes, qui ont pour effet de diviser ceux qui en acceptaient les prémisses en une centaine d'écoles différentes ; dans les questions qui touchent à la vie pratique, il est impossible de se tromper tout le temps.
Cependant, la différence entre l'une ou l'autre de ces écoles nouvelles est tout simplement que la première s'aperçoit un peu plus tôt que la seconde des conclusions absurdes où leur fausse prémisse les a conduites ; elles se retrouvent alors, à ce stade final de leur raisonnement, en contradiction avec elles-mêmes, soit qu'elles répugnent à abandonner leurs principes erronés, soit qu'elles en tirent des conclusions moins gênantes ou moins absurdes que la simple logique ne l'exigerait.
Pourtant, il n'est pas aujourd'hui un gouvernement de quelque importance dont la politique économique ne soit influencée, voire entièrement déterminée par l'une ou l'autre de ces idées fausses. Le chemin le plus court et le plus sûr pour comprendre les problèmes économiques est peut être de procéder à une dissection desdites erreurs, et particulièrement de l'erreur centrale dont elles découlent. Tel est le postulat de départ de cet ouvrage , et le sens de son titre quelque peu prétentieux et provocant.
Ce livre sera donc avant tout un exposé. Il ne revendique aucune originalité pour aucune des idées essentielles qu'il développe. Son effort est plutôt de démontrer que nombre d'idées qui passent aujourd'hui pour des progrès majeurs, de brillantes innovations, ne sont qu'une resucée de vieilles erreurs, et une preuve supplémentaire du dicton suivant lequel ceux qui demeurent ignorants du passé se condamnent par là même à le répéter.
Cet essai ne rougit aucunement d'être "classique", "traditionnel", et "conventionnel", du moins est ce les épithètes dont le baptiseront ceux dont on analyse ici les sophismes, et sans nul doute essaieront-ils de le disqualifier. Mais l'étudiant dont le but est de découvrir le plus de vérité possible ne se laissera pas effrayer par de tels adjectifs. Il ne partira pas à la recherche éternelle d'une révolution, d'un "départ à zéro" en économie politique. Son esprit, bien sûr, sera tout autant ouvert aux idées neuves qu'aux anciennes, mais il renoncera volontiers à la poursuite affairée, voire exhibitionniste, de la nouveauté et de l'originalité. Comme l'a remarqué Morris R. Cohen
Et c'est parce que ce livre est surtout un travail d'exposition que, très librement et sans attribution de détail (mis à part de rares notes en bas de page ou quelques citations) je me suis autorisé à disposer des idées des autres. C'est inévitable lorsque l'on travaille dans un domaine déjà exploré par tant de penseurs et parmi les plus grands. Cependant, j'ai envers trois au moins d'entre eux une dette qui est si particulière que je ne puis me permettre de la passer sous silence.
La plus importante concerne la manière d'aborder ce travail dans lequel tout mon développement prend place. Je l'ai emprunté à l'essai de Frédéric Bastiat intitulé ''Ce qu'on voit et ce qu'on ne voit pas'', qui date déjà de près d'un siècle. En fait on peut considérer mon livre comme une modernisation, une extension et une généralisation de l'approche que l'on trouve dans la brochure de Bastiat.
Ma deuxième dette intellectuelle est envers Philip Wicksteed : en particulier, le chapitre sur les salaires et la synthèse finale doivent beaucoup à son Common-sense of Political Economy.
Ma troisième dette est envers Ludwig von Mises. Sans parler de tout ce que ce traité élémentaire doit en fait à tous ses écrits dans leur ensemble, c'est à son exposé de la manière dont l'inflation de monnaie se propage que je dois le plus.
Quand j'analyse les idées fausses, j'estime qu'il est moins utile de citer des noms que de leur faire crédit, car, pour ce faire, il eût fallu rendre justice à chaque auteur critiqué en tirant de lui des citations exactes, en rendant compte de l'accent avec lequel il précise ou souligne tel ou tel point, en notant les atténuations qu'il apporte à sa thèse ou la justification de ses propres hésitations, contradictions et ainsi de suite. C'est pourquoi j'espère que personne ne sera trop déçu par l'absence en ces pages de noms tels que ceux de Karl Marx, Thorstein Veblen, Major Douglas, Lord Keynes, le Professeur Alvin Hansen et autres.
En effet, l'objet de ce livre n'est pas d'exposer les erreurs spécifiques d'auteurs particuliers, mais des fautes de raisonnement économique sous leur forme la plus répandue et la plus influente. De toutes manières, lorsqu'ils atteignent la couche populaire de l'opinion, les sophismes ont perdu leurs droits d'auteur. Les subtilités, l'obscurité qu'on pourrait retrouver chez les auteurs responsables de leur propagation ont été balayées, car une doctrine se simplifie à l'usage. Le raisonnement fallacieux qu'aurait cacher un tissu de précautions verbales, d'ambiguïtés ou d'équations mathématiques apparaît alors clairement.
J'espère donc qu'on ne me fera pas le grief d'être injuste sous prétexte que la forme sous laquelle j'aurai présenté une
doctrine en vogue n'est pas tout à fait celle que Lord Keynes ou tout autre auteur lui a donnée. Ce sont les doctrines auxquelles croient les groupes politiques et celles sur quoi se fonde l'action de l'Etat qui nous intéressent ici, et non pas leur origine historique.
Enfin je veux espérer qu'on me pardonnera de ne faire que de rares appels aux statistiques dans le cours de ce livre. Si j'avais voulu les utiliser pour tenter d'étayer ma thèse en ce qui concerne par exemple les effets des droits de douane, du contrôle des prix, de l'inflation et de la mainmise sur des matières premières telles que le charbon, le caoutchouc, le coton, ce livre aurait enflé bien au-delà des dimensions que j'avais envisagées. Au surplus, en tant que professionnel de la presse écrite, je suis particulièrement averti de la valeur transitoire des statistiques et je sais à quel point d'autres les remplacent rapidement. On peut donc conseiller à ceux qu'intéressent des problèmes économiques spécifiques de lire les discussions "réalistes" de l'actualité, avec une documentation statistique ; ils verront qu'il n'est pas difficile d'interpréter celle-ci correctement à la lumière des principes de base qu'ils auront appris.
Je me suis efforcé d'écrire ce livre d'une manière aussi simple et aussi dégagée de toute technique qu'il se peut, sans nuire à l'exactitude, de façon qu'il soit lisible même pour un lecteur dépourvu de toute culture économique.
Tandis que je composais, trois de ses chapitres ont paru en articles séparés, aussi ai je le désir de remercier le New York Times, The American Scholar et The New Leader de m'avoir autorisé à les reproduire ici. Je remercie le Professeur von Mises d'avoir bien voulu lire le manuscrit et m'aider de ses suggestions. Mais il va de soi que je suis seul responsable des idées exprimées tout au long de ces pages.
Il n'est pas de science humaine qui soit accablée d'autant de sophismes que l'économie politique. Et cela n'est pas par hasard. Les difficultés qui lui sont inhérentes seraient déjà immenses, mais elles sont multipliées mille fois par un facteur qui, pour d'autres disciplines telles que la physique, les mathématiques ou la médecine, reste insignifiant, je veux parler des plaidoyers égoïstes au service d'intérêts particuliers.
Alors que tous les groupes ont des intérêts économiques en commun avec tous les autres, nous allons voir que chacun en a aussi qui s'opposent à l'ensemble des autres. Bien qu'une certaine politique puisse assurer le bien de tous, à plus ou moins longue échéance, il en est d'autres qui ne servent qu'un seul groupe au détriment de tous les autres. Le groupe qui serait ainsi favorisé y trouverait un tel intérêt qu'il ne cessera de prôner cette politique par des arguments plausibles et tenaces. Il paiera les meilleurs apologistes pour qu'ils consacrent tout leur temps à défendre sa thèse. Finalement, ou bien ils convaincront le public du bien-fondé de cette thèse, ou bien ils la brouilleront tellement qu'on ne pourra plus raisonner clairement sur le sujet.
A ces arguties incessantes en faveur de l'intérêt particulier, un second facteur important qui engendre tous les jours un sophisme nouveau en économie, j'entends par là la tendance instinctive des hommes à ne pouvoir considérer que les conséquences immédiates d'une politique donnée, ou les conséquences qu'elle peut avoir sur un seul groupe d'intérêts ou de faits, et d'en négliger les conséquences lointaines, non seulement sur un groupe donné mais sur tous les autres. L'erreur consiste à ne tenir aucun compte les conséquences secondaires d'un acte économique.
Or c'est justement là que réside toute la différence entre le bon et le mauvais économiste. Le mauvais économiste ne voit que ce qui accroche directement le regard, le bon économiste voit au-delà. Le mauvais économiste ne voit que les conséquences immédiates d'une action donnée, le bon économiste en voit aussi les effets lointains ou indirects. Le mauvais économiste ne juge les résultats d'une politique donnée qu'à partir des effets qu'elle a exercés ou exercera sur un seul groupe particulier ; le bon économiste cherche aussi à savoir quels effets elle aura sur l'ensemble des autres.
Cette distinction peut paraître évidente, comme peut aussi paraître élémentaire la précaution d'envisager toutes les conséquences d'une politique donnée sur tous les groupes. Mais ne savons-nous pas, tous, par expérience personnelle, qu'il existe envers soi même bien des indulgences qui, sur le moment, sont plaisantes, mais qui, en fin de compte, s'avèrent désastreuses ? Tous les petits garçons ne savent ils pas que s'ils mangent trop de bonbons, ils seront malades ? Et celui qui s'enivre ne sait il pas qu'il se réveillera le lendemain avec mal au cœur et mal à la tête ? Le buveur ne sait-il pas pertinemment qu'il perd son foie et se raccourcit la vie ? Don Juan lui même n'ignore pas qu'il court toutes sortes de risques, depuis le chantage jusqu'à la maladie ? Enfin pour poser le problème sur un plan économique individuel, les paresseux et les dépensiers, même au plus fort de leur glorieuse ascension, ne savent ils pas très bien qu'ils se préparent un avenir de dettes et de pauvreté ?
Pourtant, lorsqu'on entre dans le domaine de l'économie, on fait comme si ces vérités élémentaires n'existaient pas. Et l'on voit certains personnages qui passent aujourd'hui pour de brillants économistes et qui, pour sauver l'économie, déconseillent l'épargne et conseillent la prodigalité à l'échelle nationale comme le meilleur moyen de sauver l'économie en péril. Lorsqu'on les met en garde contre les conséquences prévisibles d'une telle politique, on s'entend répondre cavalièrement, comme pourrait le faire un fils prodigue à son père qui le mettrait en garde :
Et l'on prend ces saillies superficielles pour une réplique fulgurante et pour l'expression même de la sagesse et de la maturité.
Or, la tragédie réside justement dans ce que c'est déjà maintenant que nous devons subir les conséquences de la politique d'un passé plus ou moins récent. Notre aujourd'hui à nous est déjà le lendemain dont le mauvais économiste vous conseillait hier de ne tenir aucun compte.
Les conséquences lointaines d'une politique économique donnée peuvent devenir évidentes d'ici quelques mois. D'autres ne le deviendront peut être que d'ici quelques années. D'autres encore peuvent même ne se manifester qu'après des dizaines d'années. Mais dans tous les cas, ces conséquences lointaines sont contenues dans la politique présente aussi sûrement que la poule naît de l'œuf et la fleur de la graine.
Sous cet angle, donc, on peut condenser le contenu de toute la théorie économique en une leçon unique, et cette leçon peut se résumer à une seule phrase :
L'art de la politique économique consiste à ne pas considérer uniquement l'aspect immédiat d'un problème ou d'un acte, mais à envisager ses effets plus lointains ; il consiste essentiellement à considérer les conséquences que cette politique peut avoir, non seulement pour un groupe, mais pour tous.
Les neuf dixièmes des erreurs économiques qui causent tant de ravages dans le monde d'aujourd'hui proviennent du fait qu'on refuse de tenir compte de cet axiome. Et toutes se rattachent à l'une ou l'autre de ces deux erreurs fondamentales : l'erreur de ne considérer que les conséquences immédiates d'un acte ou d'une proposition, ou l'erreur de ne s'attarder qu'aux conséquences sur un groupe particulier d'intérêts ou de personnes, sans se soucier des autres.
Naturellement l'erreur inverse est possible. Si l'on étudie les effets d'une politique, on ne doit pas s'hypnotiser uniquement sur ceux qui se produiront à longue échéance pour l'ensemble du pays. Les économistes classiques commettaient souvent cette erreur. Le sort des groupes plus proches que cette politique heurtait en soi ou par ses conséquences, mais qui s'avérait excellente après un certain temps, les laissait insensibles.
De nos jours, cependant, bien peu de gens commettent cette erreur et ce petit nombre-là est surtout constitué des économistes de profession. L'erreur la plus répandue aujourd'hui et de fort loin, celle que l'on voit sans cesse se répéter dès lors que l'on parle de questions économiques, celle que l'on retrouve dans des milliers de discours, l'erreur fondamentale de la soi-disant « nouvelle économie » keynésienne, consiste à ne vouloir considérer que les conséquences immédiates d'une politique sur quelques groupes particuliers, et à ignorer ou minimiser les conséquences lointaines sur l'ensemble du pays tout entier. Les économistes « modernes », comparant leurs méthodes à celles des économistes « classiques » ou « conventionnels », se flattent de penser qu'ils ont réalisé un grand progrès, voire une révolution, en tenant compte de ces effets immédiats que ceux ci voulaient ignorer. Mais en oubliant, ou en minimisant eux mêmes les effets plus lointains, l'erreur qu'ils commettent est autrement plus grave. Ils perdent de vue la forêt à force d'examiner minutieusement quelques-uns de ses arbres. Leurs méthodes et leurs conclusions sont d'ailleurs profondément rétrogrades. Ils se surprennent eux-mêmes à se trouver en accord avec les mercantilistes du XVII° siècle. Et c'est un fait qu'ils retombent (quand ils sont assez conséquents pour cela) dans toutes les vieilles erreurs auxquelles on aurait pu espérer que les économistes classiques avaient tordu le cou une bonne fois pour toutes.
On a souvent fait cette remarque désabusée que les mauvais économistes présentent leurs erreurs au public avec beaucoup plus d'habileté que les bons économistes ne présentent leurs vérités. Et l'on déplore souvent que, du haut de leur estrade, les démagogues exposent leurs sottises avec bien plus de force persuasive que l'honnête citoyen qui s'efforce à démontrer tout ce qu'elles ont d'inexact. La raison de cette anomalie n'est pas un mystère. Elle provient de ce que les démagogues, comme les mauvais économistes, ne présentent que des demi-vérités. Ils ne parlent que de la conséquence immédiate d'une politique donnée, ou de ses effets sur un seul groupe. Il se peut qu'ils aient raison, mais dans certaines limites, et la réponse à leur faire est d'ajouter et de prouver que ladite politique pourrait aussi avoir des conséquences plus lointaines dont les effets seront moins souhaitables, ou qu'elle ne donnerait satisfaction qu'à un seul groupe d'individus, au détriment de tous les autres.
Il suffit donc de compléter et de corriger la demi-vérité qu'ils expriment en présentant l'autre moitié du réel. Cependant, pour exposer ainsi les répercussions essentielles d'un acte donné sans en oublier aucune, il faut parfois une longue suite de raisonnements, compliqués et fastidieux. La plupart des auditeurs trouvent cela difficile à suivre, leur attention s'émousse vite, l'ennui les gagne. Le mauvais économiste utilise alors cette faiblesse d'attention et cette paresse d'esprit en affirmant que tout cela n'est que conformisme ou libéralisme, ou apologie de capitalistes ou tout autre qualificatif trompeur ; cela frappe alors les auditeurs comme autant d'arguments péremptoires, et cela les dispense de suivre les raisonnement exposés, ou de les juger à l'aune de ce qu'ils valent.
Voilà donc, en termes abstraits, comment se pose le problème de la leçon que nous désirons exposer, et les idées fausses qui font obstacle à sa solution. Cependant, si nous ne l'illustrons pas par des exemples, nous ne le résoudrons pas, et les idées fausses continueront à cheminer sans être démasquées. Grâce à ces exemples, nous pourrons aller des problèmes économiques les plus simples aux plus complexes et aux plus difficiles , grâce à eux nous pourrons déceler d'abord, puis éviter les sophismes les plus évidents et les plus faciles à découvrir, enfin les plus complexes et les plus fuyants. C'est à ce travail que nous allons procéder maintenant.
On peut lire la suite de l'ouvrage sur le site de Hervé de Quengo
Ecrit par Henry Hazlitt
Le : 26/08/2005
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