Institut Turgot au service de la liberté

Texte fondateur de l'Institut Turgot

 Laissez-nous faire !

(Exclamation attribuée au négociant François Legendre au nom des marchands de Rouen en réponse a l’intendant qui leur demandait comment il pouvait les aider.)


 

La création de l’Institut Turgot s’inspire de l’Institute of Economic Affairs  (I.E.A.) créé à Londres en 1955 dont Lady Thatcher a déclaré, il y a quelques années que, sans lui, elle n’aurait pas pu faire la révolution libérale Outre-Manche. En France, et dans une partie des pays de langue française, les idées libérales  ne sont ni connues ni comprises et, de ce point de vue, la situation de la France ressemble à celle de la Grande Bretagne avant la création de l’I.E.A.

1 – L’état du libéralisme en France

La pensée libérale est aujourd’hui presque ignorée en France. Les rares défenseurs de la liberté sont aussitôt taxés d'« ultralibéralisme » et se retrouvent ainsi « excommuniés », c’est-à-dire rejetés de l’univers commun du bien-pensant.

Et ceci en dépit d’un certain écho d’Euro 92 – et du cyberinstitut développé par Henri Lepage- comme du travail de l'ALEPS (Association pour la Liberté Economique et le Progrès Social) et du succès annuel de son Université d’été à Aix.

La situation se caractérise par une extrême marginalisation de l’enseignement des idées libérales à l’Université. La sélection des enseignants en économie est contrôlée en France par les syndicats qui, de façon quasi systématique, éliminent les candidats à orientation clairement  libérale. Il est donc impossible aujourd’hui de compter sur l’Université pour expliciter les idées libérales.

La déformation de l’enseignement se traduit dans les idées communément acceptées et répandues dans les média. Parmi les journalistes et les commentateurs, les personnalités résolument libérales peuvent vraisemblablement se compter sur les doigts de la main. Ainsi il n’y a pas en langue française l’équivalent de la page éditoriale du Wall Street Journal, ouverte aux idées libérales, qui a joué un rôle si important dans le succès des programmes de Reagan. La logique d’une baisse d’impôts inspirée par les principes de l’école de l’offre  (« supply-side ») est ignorée de tous en France. La tâche d’un gouvernement souhaitant mettre en œuvre un programme libéral est alors presque impossible : il sera incompris par les média et par sa propre administration. Celle-ci ne pourra alors, en croyant bien faire, que contribuer à le faire échouer.

La France, dont Jacques Rueff disait, en défendant son programme de réforme en 1958, que rien ne s’opposait à ce qu’elle atteigne le niveau de vie des Etats Unis, s’affaiblit et s’appauvrit. Elle cumule les taux d’impôts marginaux sur les revenus élevés, les impôts sur l’épargne (impôt sur la fortune, impôt sur les successions…),  les règlements dont le plus spectaculaire est celui du marché du travail (loi des 35 heures) et les subventions de toute sorte. Le cas de la loi des 35 heures illustre la méconnaissance des lois économiques élémentaires. Cette ignorance induit l’acceptation non contestée du principe de l’intervention de l’Etat sur le marché du travail et donc le rejet de la liberté des contrats.

Une grande partie de l’élite associant intellectuels, média, personnel politique, hauts fonctionnaires, dirigeants d’entreprises vivant en symbiose avec  l’Etat, dépendant  désormais aussi de Bruxelles, enfermée dans la méconnaissance des conditions d’un avenir de liberté, préside  involontairement à ce déclin.

2 – La démarche de l’Institut Turgot

Pour l’Institut Turgot,  il n’y aura pas de solutions libérales durables tant que la bataille à long terme qui est celle des idées n’aura pas été engagée et gagnée.


En reprenant les termes de l’I.E.A. le but de l’Institut est d’expliquer les idées libérales au « public incluant les hommes politiques, les étudiants, les journalistes, les hommessée libérale des autres pays, une place est faite à des personnalités étrangères. Un site Internet – Turgot.org – publie également les communicationsd’affaires, les investisseurs et quiconque s’intéresse à la politique économique ».  En termes simples, l’I.E.A. rappelle que :


« La conviction centrale des défenseurs du libéralisme est que chacun doit être libre dans la vie de faire ce qu’il veut tant qu’il ne fait pas de tort à quelqu’un d’autre ». D’où la croyance que « l’intervention de l’Etat doit être réduite au minimum ».

3 – Expliciter et communiquer

Pour expliciter, faire connaître et permettre la diffusion des idées libérales, l’Institut Turgot organise des colloques et séminaires, à Paris et Bruxelles, donnant ainsi une tribune à des économistes libéraux. Pour bénéficier de l’acquis de la pen faites lors de ces rencontres ou d’autres textes rédigés par de jeunes universitaires de langue française. Des traductions et textes en langue étrangère sont également disponibles sur ce site. Enfin l’Institut Turgot, en fonction de ses ressources, a recours à des documents écrits.

L’Institut comprend un conseil scientifique composé de personnalités reconnues veillant aux orientations et à la qualité des publications (papier et Internet). Le but est d’obtenir des textes du meilleur niveau pour convaincre par la rigueur de l’analyse.

Les libéraux se trouvent au sein de plusieurs écoles ; il peut y avoir  des désaccords entre eux (par exemple sur la monnaie, entre les partisans du flottement et ceux de la convertibilité en or).  L’Institut Turgot se veut ouvert à tous les travaux des différentes écoles libérales, pourvu qu’ils soient de qualité, dès lors que les principes généraux, et tout particulièrement le respect du droit de propriété, étroitement lié à la responsabilité, soient reconnus comme éléments fondateurs (et donc compris aussi comme source d’efficacité).

Pour garantir sa propre liberté d’expression, l’Institut Turgot se veut indépendant des partis politiques comme des syndicats patronaux. (un des programmes libéraux les plus radicaux a été mis en place par des socialistes, en Nouvelle Zélande).  Il ne sollicitera pas l’aide de l’Etat. Ses recettes proviendront de cotisations, de dons, de ventes de publications et des recettes des colloques.

Bien que ce besoin existe, le but de l’Institut n’est pas de préparer un programme d’ensemble de gouvernement pour une alternative libérale. Ses moyens étant limités, il doit se concentrer en priorité sur ce qui est en amont d’un programme législatif : la défense des idées libérales.

L’Institut Turgot n’a pas non plus la vocation de se situer à l’autre extrême du champ d’action imaginable, à savoir la recherche fondamentale en économie. Sa vocation consiste essentiellement à assurer l’élaboration et la discussion de projets de politique économique (impôts, monnaie, commerce, assurance maladie ou retraites) et, plus généralement, portant sur les institutions d’une société libre.

 

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Le choix du nom Turgot est symbolique. Il rappelle qu’il y a une tradition libérale exprimée en langue française (Say, Turgot, Bastiat…) et que Turgot fut un très grand économiste – reconnu en tant que tel par des historiens à l’étranger – avant d’être un ministre des finances réformateur. Sa disgrâce, et donc l’échec de son programme, sont un encouragement au travail de fond pour gagner la bataille des idées et rendre la tâche moins périlleuse pour ses successeurs.
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